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Exercice de redevabilité au ministère du commerce: et de quatre pour le ministre Harouna Kaboré

Le ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, Harouna Kaboré a rencontré la presse ce lundi 7 septembre 2020 pour son exercice annuel de redevabilité. Nous vous proposons l'intégralité de la déclaration liminaire qui fait le point des actions menées entre 2018 et 2020 dans les domaines du commerce, de l'industrie et de l'artisanat.

 

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Mesdames et Messieurs les journalistes ;

Distingués invités ;

Une fois de plus, vous nous faites l’honneur de marquer de votre présence massive, ce présent déjeuner de presse consacré au traditionnel exercice de redevabilité que mon département organise régulièrement pour partager avec vous le bilan de nos actions. Cette forte mobilisation témoigne de votre intérêt sans cesse renouvelé pour ce que mon département mène au quotidien dans le cadre de la conduite de la mission qui lui est assignée.

Distingués hommes et femmes de média ;

Depuis le 31 janvier 2018 date de mon accession à la tête du Ministère du commerce, de l’industrie et de l’artisanat, je me suis inscrit avec l’ensemble de mes collaborateurs, dans une démarche de rendre compte périodiquement de l’action de mon département sur le terrain.

Quatrième du genre, cet exercice de redevabilité que nous menons ce matin est donc un devoir citoyen auquel nous nous soumettons pour rendre compte du bilan des trois (03) années de notre présence aux commandes du département du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat.

Il constitue aussi l’occasion pour nous de faire connaitre nos projections à court, moyen et long terme et cela, dans l’optique d’avoir de votre part, tout le retour nécessaire pour affiner nos ambitions.

Pour les besoins du présent exercice, un rapport bilan détailléa été produit pour présenter de manière exhaustive, les principaux acquis enregistrés depuis 2018. Aussi, pour introduire les échanges interactifs que nous aurons dans un instant, vous me permettrez juste de revenir sur quelques réalisations illustratives pour camper le décor.

Mais bien avant, il sied de rappeler que les lettres de missions qui m’ont été adressées durant ces trois (03) années qui sont en lien naturellement avec les objectifs du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES), ont constitué la boussole qui a guidé nos actions au quotidien dans notre quête permanente de relever le défi de la dynamisation des secteurs porteurs pour l'économie et les emplois à travers un secteur privé dynamique et compétitif.

Aussi, vous n’êtes pas sans savoir, le contexte qui a prévalu durant ces trois (03) dernières années et qui a été particulièrement marqué par la récurrence et la sévérité des attaques terroristes avec son corolaire de désarroi.

 Cette situation a été exacerbée en 2020 par la pandémie de la maladie à coronavirus qui a bouleversé les fondamentaux de notre économie.

Cet état de fait a eu pour conséquence immédiate le resserrement de la contrainte budgétaire, ce qui n’a pas été de nature à faciliter l’action du Département au cours de la période sous-revue.

Au demeurant, cet état de fait n’a pas sapé notre détermination à accomplir la mission à nous assignée. Nous avons su faire preuve de résilience, ce qui nous a permis d’engranger des acquis tangibles.

En matière de réformes, les efforts consentis notamment en termes de déconcentration des CEFORE et des CEFAC ainsi que l’opérationnalisation de la plateforme de création d’entreprise en ligne ont eu pour conséquence, une croissance soutenue du nombre de nouvelles entreprises créées qui est passé de 11 661 en 2016 à 13 137 en 2019, soit un différentiel positif de 1 476 nouvelles créations, ainsi que la réduction des délais d’obtention des actes de construire et de transfert de propriété.

Par ailleurs, il y a eu la réforme du dialogue entre le Gouvernement et le Secteur privé à travers l’institution en 2018 du Cadre de concertation et d’orientation pour le dialogue Etat/Secteur privé (CODESP) dont les instances se tiennent régulièrement.

A cela s’ajoute la mise en service le 17 décembre 2019, du Portail virtuel dénommé « Portail d’Entrée au Burkina Faso (PEB) dont la phase pilote a permis la dématérialisation intégrale trois (03) actes dont le Certificat d’Origine (CO) des marchandises, l’Autorisation Spéciale d’Importation (ASI) et l’Autorisation d’Exercer le Commerce (AEC) par les étrangers. L’opérationnalisation de la deuxième phase est en cours et permettra la dématérialisation des 43 autres actes restants et la pleine interaction avec les autres plateformes et services en ligne de l’administration publique.

En matière d’investissements, il est à noter l’adoption le 30 octobre 2018 du nouveau code des investissements dont les innovations ont permis de dynamiser l’investissement au cours de ces trois (03) dernières années ; en témoigne la hausse du volume de l’investissement privé qui est passé de 878,2 milliards en 2016 à 1 296.6 milliards en 2019, soit un effet additionnel de 418,4 milliards de francs CFA.

La même tendance s’observe au niveau de l’évolution du nombre d’emplois effectivement créés par les entreprises ayant fait l’objet de constatation de démarrage et déclarés à la CNSS qui est passé de 420 en 2016 à 574 en 2019, ainsi que l’accroissement du nombre de demande d’agréments qui a presque triplé, passant de 38 en 2016 à 106 en 2019.

En outre, une approche innovante a été implémentée en termes de conduite de certains projets sous forme d’initiatives, ce qui permet de minimiser les coûts de fonctionnement liés à leur mise en œuvre. Il s’agit de :

  • l’Initiative de renforcement du Capital Productif des Petites et Moyennes Entreprises (IRCP-PME) qui a permis de doter 130 PME a raison de 10 PME par Région, en équipements de productions d’une valeur de 4 millions par bénéficiaires ;
  • l’Initiative 100 Produits Certifiés (I-100 PC) qui a permis, à 79 produits d’être certifiés conformes avec apposition de la marque « NBF» et pour aller plus loin, le département a lancé l’initiative 1000 produits certifiés à coût partagé ;
  • l’Initiative Anacarde pour laquelle une étude menée prévoit la mise en place de 24 nouvelles unités de transformation reparties dans les principales régions de production. Le projet de mise en place d’une unité pilote est actuellement porté par le Conseil Burkinabè de l’Anacarde ;
  • l’Initiative de mise en place d’un système d’identification des produits made in Burkina pour laquelle un concours a été lancé pour la réalisation d’un logotype;
  • l’Initiative de renforcement des capacités des tisseuses par la dotation de cinq mille (5 000) métiers à tisser et qui a permis la production, à ce jour, de 2 120 métiers ;
  • l’Initiative de renforcement des capacités des PME évoluant dans le domaine de la production pharmaceutique (IRCP-PHARMA) lancée en pleine crise de la COVID-19 et qui vise à soutenir les initiatives endogènes de production de médicaments. Elle a déjà permis la relance de l’Unité de production des médicaments pour la fabrication de chloroquine et de paracétamol au niveau du CNRST et le soutien à l’entreprise HORLINA pour la fabrication de solution hydro alcoolique. Trois (03) autres conventions ont été signées le 03 septembre en marge du conclave national industrie et commerce avec le Laboratoire Phytofla, la pharmacie Saint François d’Assise et Karilor;
  • l'Initiative de labélisation des produits du terroir qui a permis de boucler le processus de labellisation du Faso Dan Fani. Aussi, le dévoilement du label du chapeau de Saponé a eu lieu le 04 juillet 2020 et le processus de labélisation du Kôkô Donda a été engagé ;
  • l’Initiative d’implantation de trois (03) sites de traitement de la tomate à Ouahigouya, Gourcy et Yako pour laquelle le financement a été bouclé et il est attendu l’avis de non objection de la BIDC sur les dossiers techniques relatifs aux acquisitions des équipements et à la réalisation des infrastructures de génie civil.

Mesdames et Messieurs ;

Pour la promotion des filières porteuses et la relance durable de la production cotonnière, la période sous revue a connu, outre la création et l’opérationnalisation du Conseil Burkinabè d’Anacarde (CBA), l’élaboration d’un avant-projet de loi portant organisation de la transformation et de la commercialisation des produits des filières porteuses aux Burkina Faso dont l’adoption est attendue d’ici à fin 2020.

Aussi, l’intervention Cadre intégré renforcé (CIR) a permis la mise en œuvre de plusieurs projets au profit de la mangue, du sésame et du karité, ainsi que la dotation de 20 chaînes complètes de production de beurre de karité d’une valeur de plus de 160 millions de FCFA.

Dans la filière coton, l’on retient parmi les nombreux acquis :

  • la mise en place d’un Comité de haut niveau du suivi de la relance durable de la production cotonnière du Burkina Faso ;
  • l’adoption d’un plan d’actions de relance durable de la production cotonnière du Burkina Faso ;
  • l’octroi de subventions par l’Etat à la filière coton au cours des trois (03) dernières campagnes pour un montant cumulé de plus de 64 milliards francs CFA.

S’agissant de l’accompagnement des unités industrielles et la régulation des importations, des mesures d’accompagnement ont été prises en faveur de plusieurs filières. Ainsi, des campagnes de déstockage des produits en mévente de la SAP Olympic ont été organisées en collaboration avec l’Union des Vendeurs de Pièces détachées, Cycles et Cyclomoteurs.

Pour l’accompagnement de la SN SOSUCO, la mise en œuvre du protocole d’accord avec les distributeurs et importateurs de sucre permet dorénavant l’écoulement intégral des productions annuelles de la SN-SOSUCO.

Concernant l’appui aux huileries pour l’enlèvement de leurs produits en mévente, les membres du Réseau des Importateurs et Distributeurs d’Huiles Alimentaires du Burkina Faso accompagnent les huileries en difficulté dans l’écoulement de leurs produits à travers un mémorandum signé en 2018 sous l’égide du MCIA.A cela s’ajoute des mesures structurelles parmi lesquelles on retient :

  • l’adoption d’un décret le 05 octobre 2018 fixant la liste des produits soumis à autorisation spéciale d’importation (ASI) et à autorisation spéciale d’exportation (ASE) ;
  • l’assainissement du marché des huiles alimentaires à travers l’obligation de déclaration des marques et l’analyse des échantillons correspondants auprès de l’ABNORM.

 Les marques d’huile alimentaire non répertoriées sont interdites de vente au Burkina Faso ;

  • le suivi périodique et rigoureux des statistiques sur l’utilisation des Autorisations Spéciales d’Importation (ASI) en collaboration avec les services de douanes ;
  • la mise en place de la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF) ;
  • la tenue régulière des sessions de l’observatoire national de lutte contre la fraude du sucre au Burkina Faso avec la participation effective de la SN-SOSUCO.

Chers journalistes ;

En matière de lutte contre la fraude et la contrefaçon,les actions ont été intensifiées grâce à la création et l’opérationnalisation de la Brigade Mobile de Contrôle économique et de la Répression des Fraudes (BMCRF) qui enregistre à son actif :

  • 1 700 tonnes de sucre importé irrégulièrement
  • 96 572 bidons d’huiles alimentaires importées irrégulièrement ;
  • 3 992 736 sachets plastiques et 7 655 bouteilles en P.E.T de liqueur frelatée, soit 300 000 litres de liqueur impropres à la consommation saisis et détruits ;
  • 47 973 cartouches de cigarettes non homologuées ;
  • 42 unités de production d’huiles alimentaires mises sous scellé pour non-respect de cahier de charge.

En outre, le dispositif législatif et règlementaire de lutte contre la fraude, la contrefaçon et les autres formes de pratiques restrictives de la concurrence ou anticoncurrentielles s’est renforcé à travers l’élaboration et l’adoption des textes d’application de la nouvelle loi sur la concurrence.

Enfin, il faut relever la concrétisation du marquage sanitaire des emballages des produits du tabac conformément aux exigences de la convention cadre de l’OMS relative à la lutte antitabac qui a permis l’apposition d’images et de messages sanitaires exigés sur les emballages de seize (16) marques de produits du tabac de cinq (05) entreposeurs.

Ces résultats ci-dessus illustrés ne constituent qu’un aperçu de ce nous avons pu réaliser au cours de ces dernières années et il vous est loisible de vous référer au rapport bilan mis à votre disposition pour vous convaincre des efforts que mon département a fourni pour accompagner la mise en œuvre du PNDES.

Distinguées invités ;

Mesdames et messieurs ;

 

Sans vouloir nous plonger dans l’autosatisfaction, permettez-moi de dire que durant ces trois (03) dernières années, le Ministère a fait un bond qualitatif en matière de réalisation des objectifs sectoriels du PNDES.

Ces résultats, nous l’avons obtenu grâce à l’accompagnement des hommes et des femmes qui animent au quotidien la vie du département et qui ont cru et adhéré à la vision que nous avons imprimée.

C’est le lieu pour moi de leur traduire toute ma satisfaction et ma reconnaissance pour l’acharnement au travail dont ils ont toujours su faire preuve malgré le contexte souvent difficile.

Aussi, même si les résultats obtenus nous donnent un motif de satisfaction, force est de reconnaitre qu’au regard de l’immensité des défis qui se posent, de nombreux chantiers attendent le département.

En effet, si c’est de l’ambition, nous en avons eu et l’adversité ne nous a pas imposé de limite. Mais force est de constater que notre rage d’avancer et de bien faire ce pour quoi nous nous sommes engagés a été confronté à certains égards à des contraintes exogènes qui ne nous ont pas permis d’avoir les résultats escomptés.

C’est pourquoi, tirant leçon des acquis et des insuffisances enregistrés, notre engagement demeure irrévocable et sans limite pour renforcer et dynamiser davantagela contribution du département à la transformation de la structure de l’économie nationale dans le cadre du nouveau référentiel national de développement en cours de formulation et ce, en adéquation avec les choix stratégiques arrêtés par le Gouvernement pour relancer l’économie pour la période post COVID-19.

Mesdames et messieurs les journalistes ;

Tels sont les propos introductifs à nos échanges que je voudrais partager avec vous. Aussi, je voudrais de tout cœur vous réitérer mes remerciements et ma gratitude pour cette forte mobilisation à cet exercice de redevabilité et je me prête donc tout volontiers à vos questions."

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